Estuaire du St-Laurent

La création d'une zone de protection marine autour du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, sur près de 6000 km2, est à l'étude depuis plus de 15 ans. Elle permettrait notamment de protéger la totalité de l’habitat du béluga du Saint-Laurent, une espèce classée « en voie de disparition » depuis décembre 2014.

Comme le souligne le ministère Pêches et Océans Canada (MPO) sur son propre site internet, l'estuaire du Saint-Laurent est une zone d'alimentation de première importance pour de nombreux mammifères marins, notamment les grands rorquals, qui y retrouvent de fortes concentrations de krill et de capelan.

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C'est aussi un habitat stratégique pour le béluga et le phoque commun, qui y résident à l'année.
Sur la douzaine d'espèces de mammifères marins qui fréquentent la zone, près de la moitié sont des espèces en péril selon le COSEPAC* et sont protégées ou pourraient l'être en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

* Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

 

Ces caractéristiques exceptionnelles en termes de biodiversité expliquent pourquoi la SNAP s'intéresse à ce site depuis de nombreuses années. Au printemps 2014, l'estuaire est soudainement devenu célèbre alors que la compagnie pétrolière TransCanada déposait son projet Énergie Est. Outre le tracé d'un long pipeline, c'est surtout la construction d'un terminal pétrolier à Cacouna, en plein coeur de la zone de protection marine envisagée et d'un site qualifié de "pouponnière des bélugas", qui a provoqué une mobilisation populaire durant plusieurs mois autour de ce projet industriel.

Les mammifères marins disparaissent, mais les mesures se font toujours attendre

Le MPO l'écrit lui-même : "Dans la zone de l'estuaire du Saint-Laurent, les mammifères marins sont exposés à de nombreuses menaces dues aux activités humaines : perturbation ou destruction de leurs habitats, exposition aux substances chimiques toxiques, risques de collision avec des navires, exposition aux bruits et dérangement."

Qu'attendent donc nos décideurs politiques pour mettre en oeuvre le projet de zone de protection marine dans ce secteur pourtant névralgique? Qu'il n'y ait plus de bélugas? Les consultations publiques relatives à ce projet ont pourtant eu lieu en 2004, suivies par un rapport publié en 2010 qui confirmait l’importance de la protection de ce territoire. Mais nous n'avons noté aucun progrès notable depuis, que ce soit du côté des instances provinciales ou fédérales : pas de plan d’action, pas d’échéancier, pas de rapport d’étape... Il y a là de quoi s'inquiéter selon nous!

Avec ou sans projet de port pétrolier, les bélugas et autres espèces marines de l'estuaire du Saint-Laurent connaissent malheureusement un déclin qui risque fort de s'accélérer au cours des prochaines années si rien n'est fait pour protéger leur habitat.

Il revient à chacun de nous de nous mobiliser pour demander que la zone de protection marine prévue à cet endroit soit enfin mise en oeuvre! Signez notre pétition Nagoya+, pour plus d'aires protégées au Québec!