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Monts Groulx - Uapishka

Située à l’est du cratère de Manicouagan, le secteur des Monts Groulx - Uapishka – qui signifie « sommets rocheux toujours enneigés » en innu-aimun - constitue un véritable joyau de notre patrimoine naturel !

Culminant à plus de 800 mètres, les sommets des Monts Groulx - Uapishka hébergent des plantes arctiques-alpines particulièrement fragiles. De plus, le massif comporte de nombreux écosystèmes forestiers exceptionnels et sert d’habitat à plusieurs espèces en situation précaire, telles que le caribou forestier, l’aigle royal, le pygargue à tête blanche, le campagnol des rochers ou la belette pygmée. 

Les paysages grandioses qu’on y trouve attirent les visiteurs qui viennent y pratiquer la randonnée pédestre, le ski hors-piste et les excursions en traîneau à chiens. La SNAP Québec a d’ailleurs participé à plusieurs éditions de la Corvée annuelle organisée par les Amis des Monts Groulx, permettant ainsi à de nombreux citadins de découvrir ce milieu exceptionnel.

Une de nos rares aires protégées permanentes …

Surtout, dès 2003, la SNAP Québec s’est impliquée en faveur de la protection de ce secteur. À l’époque, l’industrie minière menaçait dangereusement le massif des Monts Groulx, mais l’implication de très nombreux groupes et citoyens de la région ont permis d’obtenir une protection permanente pour le massif.

Consultez le mémoire présenté en 2003 au BAPE

Couvrant une superficie de 1382 km2, la réserve de biodiversité Uapishka est d’ailleurs une des rares aires protégées du Québec à bénéficier d’un statut de protection permanent (on compte 5 réserves de biodiversité pour 85 réserves de biodiversité « projetées »). Or, comme le relevait le BAPE en 2013, c’est ce statut permanent qui permet à une aire protégée de bénéficier d’une gestion véritablement axée sur la conservation.

… dont l’intégrité écologique demeure à surveiller !

Malheureusement, malgré ce statut de protection permanente, les Monts Groulx-Uapishka ne sont pas complètement à l’abri des impacts néfastes des activités humaines.

En effet, depuis quelques années, la pratique de la motoneige dans la zone des sommets (>800 mètres), pourtant interdite en vertu du plan de conservation de l’aire protégée, vient compromettre l’intégrité écologique de la réserve de biodiversité Uapishka.

Le comité de gestion de la réserve de biodiversité Uapishka, animé par la Réserve mondiale de la Biosphère Manicouagan-Uapishka, a donc entrepris en 2016 un exercice de concertation sur la pratique de la motoneige dans ce secteur avec les différents intervenants régionaux et les usagers. La SNAP Québec, qui contribue à la réflexion de cette table, est favorable à cette démarche de concertation et salue l’ouverture d’esprit qui caractérise les discussions qui se sont tenues jusqu’à présent.

Le Québec doit se donner les moyens de bien gérer ses aires protégées !

Ceci dit, la question de la motoneige dans la réserve de biodiversité Uapishka soulève la problématique plus vaste de la surveillance de nos aires protégées.

Avec le budget ridiculement bas du MDDELCC (environ 0,2% du budget annuel du Québec), et la coupure en 2014 d’une centaine de postes au MFFP - et notamment d’agents de protection de la faune – il est dans les faits bien difficile d’effectuer une surveillance adéquate de nos territoires protégés et d’assurer le respect des mesures de conservation prévues. 

Pourtant, alors que moins de 10% de notre territoire est actuellement protégé, et que le Québec accumule un retard important pour atteindre les objectifs internationaux de conservation, il est d’autant plus important de s’assurer que nos quelques aires protégées sont efficaces pour conserver la biodiversité !

Comme nous le recommandions dans notre récent rapport Nagoya+, publié conjointement avec Nature Québec, il est urgent que le Québec mobilise les ressources financières nécessaires à la protection de notre patrimoine naturel et à l’atteinte des objectifs internationaux auxquels il s’est engagé !