500 scientifiques du Québec et du monde entier demandent un plan durable pour la région boréale

  • Date de publication: 09 10 2009 |

Québec, le 10 septembre 2009 – Le premier ministre du Québec, Monsieur Jean Charest, a reçu aujourd’hui une lettre signée par plus de 500 scientifiques et professionnels de la conservation canadiens et internationaux, dont 325 titulaires d’un doctorat, et appelant le gouvernement du Québec à maintenir son engagement de protection de la moitié du territoire situé au nord du 49e parallèle. Ces territoires de forêt boréale, qui constituent des réserves de carbone cruciales, forment également l’un des derniers écosystèmes les plus riches de notre planète. Au mois de mars 2009, Monsieur Charest s’est engagé à protéger 50 % des territoires du Plan Nord de tout développement industriel, minier ou énergétique et à développer l’autre partie de ces territoires selon des critères de durabilité. Les scientifiques en appellent donc à Monsieur Charest afin que les décisions qui auront trait à ces activités de conservation et de développement soient fondées sur des données scientifiques fiables et offrent leur expertise au gouvernement du Québec afin d’accompagner le Plan Nord de leurs conseils. « Le nord québécois compte plusieurs territoires à haute valeur pour la conservation, notamment de grands massifs forestiers intacts ainsi que de vieilles forêts servant d’habitat au caribou forestier et à plus de la moitié des couples reproducteurs de Canard noir de la planète, a rappelé le Dr. Marcel Darveau, chef, recherche et conservation boréales pour le Québec chez Canards Illimités Canada et professeur associé à l’Université Laval. En plus de renfermer une biodiversité faunique et floristique inestimable, ce territoire rend des services indispensables à la société, notamment en matière de filtration d’eau et de stockage du carbone. Nous demandons la protection du patrimoine nordique québécois, car, dans un contexte de changements climatiques, sa survie est essentielle à la nôtre. » Par le biais de cette lettre, les scientifiques demandent donc au gouvernement Charest de donner une place importante à la recherche scientifique dans son processus décisionnel. « Nos données scientifiques confirment que les écosystèmes boréaux emmagasinent déjà avec efficacité davantage de carbone dans leurs arbres, sols, et tourbières que nul autre environnement sur cette planète », a déclaré Nigel Roulet, directeur de l’École d'environnement de McGill à Montréal et membre du panel scientifique de la Campagne internationale pour la conservation boréale (International Boreal Conservation Campaign). La planification des activités de conservation et de développement déterminera si ce carbone sera relâché dans l’atmosphère. En examinant le Plan Nord, nous réalisons qu’il est impératif que les décisions qui seront prises au niveau politique soient basées sur des données scientifiques fiables ». « Le gouvernement du Québec nous a fait part de la vision qu’il avait pour la protection de cette ressource d’importance globale », a déclaré Mathew Jacobson, du Pew Environment Group. « Nous sommes persuadés que si la vision qu’a Monsieur Charest est véritablement menée à bien, elle constituera un modèle dans le domaine du développement durable pour le reste du monde. » « Nous recommandons, pour la prochaine étape, la mise en place d’un processus de planification, en partenariat avec les peuples autochtones et les parties concernées et utilisant la recherche scientifique, les savoirs traditionnels et les considérations locales, afin de garantir l’intégrité écologique et culturelle de ce processus et de favoriser des économies saines au sein des régions », a ajouté Mathew Jacobson. -30- Pour voir la liste des signataires et lire la lettre des scientifiques, cliquez ici : http://www.interboreal.org/resources/QuebecScienceLetter-FR.pdf L’Initiative boréale canadienne travaille avec les Premières nations, les gouvernements, des organismes voués à la conservation, des chefs de l’industrie et d’autres parties intéressées à établir des liens entre les solutions scientifiques, politiques et de conservation qui sont dégagées pour l’ensemble de la Forêt Boréale du Canada (http://www.borealcanada.ca). Pour plus d’information, veuillez communiquer avec : Sophie Paradis Directrice générale, responsable communications et stratégies SNAP Québec 514-603-7627