Appel d’offres de Terre-Neuve dans le golfe du Saint-Laurent


Communiqué émis par la Coalition Saint-Laurent

Aucun des quatre permis d’exploration pétrolière ne trouve preneur

Montréal, 14 novembre 2014 – Le 16 mai 2013, l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers (OCTLHE) offrait à l’industrie pétrolière la chance d’acquérir quatre immenses permis d’exploration pétrolière totalisant plus de 10 000 kilomètres carrés dans le golfe du Saint-Laurent. L’appel d’offres se terminait le 12 novembre 2014 et l’OCTLHE en a révélé aujourd’hui le résultat : aucune des quatre permis d’exploration offerts n’a trouvé preneur auprès de l’industrie pétrolière.

Cet appel d’offres est le premier effectué sous le nouveau régime d’allocation des permis alors qu’un montant minimum de $10 millions est maintenant exigé pour l’acquisition de chaque permis. Malgré le prétendu potentiel pétrolier du golfe du Saint-Laurent, il semble bien que les compagnies d’exploration pétrolières soient hésitantes à y investir.

Selon la Coalition Saint-Laurent plusieurs raisons peuvent être invoquées pour expliquer ce désintérêt : « Il est possible que les compagnies pétrolières aient de sérieux doutes sur le potentiel réel du golfe du Saint-Laurent. Il est possible aussi que l’absence d’acceptabilité sociale, l’opposition acharnée des Premières Nations, les risques accrus d’opérer dans la petite mer intérieure que constitue le golfe, ainsi que l’incertitude quant aux limites interprovinciales entre le Québec et Terre-Neuve aient pu jouer un rôle dans le refus des compagnies pétrolières d’investir dans le golfe » selon Sylvain Archambault, porte-parole de la Coalition Saint-Laurent.

« On voit que, du côté de Terre-Neuve, les compagnies hésitent à investir dans la recherche pétrolière dès qu' on leur impose des frais de permis un tant soit peu significatifs et qu’on manifeste de l’opposition. Pourquoi le Québec prendrait-il d’énormes risques en levant son moratoire et en allant de l'avant avec des travaux d'exploration exécutés par une compagnie junior qui a eu ses permis pour une bouchée de pain pour Old Harry? » s’interroge pour sa part Christian Simard de Nature Québec.

Alors que les compagnies d’exploration pétrolières hésitent à investir dans le golfe, il est bon de rappeler que son avenir se trouve sans doute dans sa protection et sa restauration: « Le golfe du Saint-Laurent est d’une grande richesse biologique et son potentiel de pêche et de tourisme durables devrait être valorisé », d’affirmer Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki. « Il faudrait voir ce désintérêt des compagnies pétrolières comme une opportunité de mettre en place un moratoire sur l’ensemble du golfe du Saint-Laurent. Ce temps d’arrêt nous permettrait d’étudier, de concert avec les cinq provinces riveraines, la pertinence d’ouvrir cet écosystème unique à l’exploration pétrolière », de conclure M. Toussaint.

Notons que même si aucun nouveau joueur n’est intéressé à s’aventurer dans le golfe du Saint-Laurent, le projet de forage de Corridor Resources à Old Harry est toujours à l’étude, étant présentement à l’étape de l’évaluation environnementale.


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La Coalition Saint-Laurent regroupe des Premières Nations et des non-autochtones, provenant de 85 organismes et associations et plus de 5 000 individus issus de secteurs économiques variés et des cinq provinces côtières du golfe. Les membres de la Coalition demandent que soit décrété un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dans l'ensemble du golfe du Saint-Laurent.
>> Téléchargez le rapport de la Coalition Saint-Laurent sur l’exploration pétrolière dans le golfe « Golfe 101 »

Source :
Sylvain Archambault
Porte-parole de la Coalition Saint-Laurent
Biologiste, SNAP Québec
s.arch@me.com
t : 418 686-1854
c : 581 995-4350


Jean-Patrick Toussaint
Chef des projets scientifiques, Fondation David Suzuki
Porte-parole de la Coalition Saint-Laurent
jptoussaint@davidsuzuki.org
t : 514-871-4932 poste1454
c : 438-884-4720

Christian Simard
Directeur général Nature Québec
direction@naturequebec.org
t : 418-648-2104, poste 2071
c: 418-928-1150