Des caribous et des hommes : Le manque de vision des uns explique le déclin des autres


Montréal, le 11 décembre 2017 – Alors que le Québec accueille à partir d’aujourd’hui un vaste congrès scientifique sur l’Arctique, la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) réagit à la publication de nouvelles données sur le caribou migrateur et demande au gouvernement du Québec de faire preuve  de davantage de vision dans la mise en œuvre du Plan Nord.

L’impact néfaste de l’industrie sur le caribou
De nouvelles données scientifiques1 démontrent l’impact néfaste des mines, des sites d’exploration minière et des routes notamment, sur les troupeaux de caribou migrateur du Nord du Québec. Des chercheurs de l’Université Laval ont ainsi observé moins de caribous dans des zones allant jusqu’à 21 kilomètres de ces sites de perturbation.

De plus, comme les caribous évitent les zones de perturbations humaines et que ces perturbations s’accumulent et s’intensifient dans le contexte du développement nordique, les chercheurs ont découvert qu’il en résulte une perte d’habitat pouvant atteindre 20% en hiver certaines années pour les troupeaux de la rivière aux Feuilles et de la rivière George.

Rappelant que le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a classé ces deux populations comme étant en voie de disparition au printemps dernier, la SNAP Québec est très préoccupée par ces nouvelles données.

« Il est primordial que le gouvernement du Québec assure les conditions de survie pour les troupeaux de caribou migrateur avant d’aller de l’avant avec de nouveaux projets de développement dans le Nord du Québec, commente Alice de Swarte, coordonnatrice en conservation et analyse politique à la SNAP Québec. Le Plan Nord ne peut pas se prétendre durable s’il se fait sur le dos de nos espèces menacées. »  

Révision de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune
L’occasion se présente justement de se doter d’outils structurants afin de permettre la protection de cette espèce emblématique et des autres espèces fauniques en péril. En effet, le ministre Blanchette annonçait vendredi passé un projet de loi visant la révision de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

Il est important de rappeler que c’est par cette loi que Québec protège les espèces fauniques en péril, les mesures de protection de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables ne concernant effectivement que les espèces floristiques.

Voici certaines  des demandes spécifiques de la SNAP Québec concernant la révision de cette importante loi :

  • Ajouter dans le texte de la loi les conditions d’autorisation exceptionnelle lorsqu’une demande vise l’habitat d’une espèce menacée ou vulnérable.  Il n’y a actuellement aucune distinction à cet égard dans le projet de loi. La protection des habitats d’une espèce en péril ne peut se faire par l’application du nouveau mécanisme de compensation proposé.
  • Insérer dans la loi un mécanisme pour la conclusion d’entente de conservation visant l’habitat des espèces menacées ou vulnérables. Une telle mesure légale permettrait un meilleur arrimage avec Ottawa pour la protection de l’habitat essentiel.
  • Élargir la protection des individus d’espèces menacées ou vulnérables.
  • Réviser le Règlement sur les habitats fauniques en étendant aux terres privées la protection des habitats d’une espèce menacée ou vulnérable, en ajoutant un nouveau type d’habitat faunique pour les corridors et en augmentant la protection à l’habitat des différents écotypes de caribou notamment :
    • En élargissant la définition de l’habitat du caribou au nord du 52e parallèle visé par l’interdiction de toute activité susceptible de modifier un élément biologique, physique ou chimique, entre autres pour prendre en considération la zone d’influence des perturbations autour des aires de mise bas.
    • En annulant plusieurs des exemptions visant les activités minières, actuellement permises dans l’habitat du caribou par le Règlement sur les habitats fauniques.

« Le gouvernement du Québec doit saisir l’opportunité du processus de modification de sa loi sur la faune afin de mieux cibler la protection des habitats des espèces en péril et offrir une véritable alternative à la Loi fédérale sur les espèces en péril », note Alain Branchaud, biologiste et directeur général de la SNAP Québec. « À tout le moins, les propositions formulées par la SNAP Québec présentent un ensemble de solutions simples et efficaces pour mettre en place rapidement un mécanisme d’autorisation environnementale agissant comme premier filet de sécurité pour les habitats nécessaires à la survie et au rétablissement du caribou migrateur », de conclure Alain Branchaud.

1 http://ulaval.maps.arcgis.com/apps/MapJournal/index.html?appid=e9855aa6ead44d3daaf26a51258bd727&folderid=71cb86a62cf04a6d9e5e27d4f9e615d7


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Informations :
Charlène Daubenfeld
Responsable des communications
SNAP Québec
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