Des scientifiques demandent de protéger de façon stricte au moins 30 % de leurs territoires marins
Victoria, BC, le 16 mai 2011 – Un groupe de 14 éminents chercheurs canadiens en conservation marine, dont certains sont rattachés à des universités québécoises, demandent aux différentes autorités de collaborer afin de protéger de façon stricte au moins 30 % de leurs milieux marins par la création de réserves intégrales (no-take zones) qui excluraient toute activité industrielle.
Dans un rapport commandité par la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) et rendu public aujourd’hui, lors du Congrès mondial sur la conservation marine à Victoria, les scientifiques soulignent les graves problèmes qui affectent plusieurs écosystèmes océaniques du Canada. Ils font valoir la nécessité de protéger certaines zones jugées critiques en les soustrayant à la pêche et à d’autres activités industrielles, dont bien sûr l’exploitation extracôtière des hydrocarbures.
Ce rapport indépendant offre, pour la première fois au Canada, un ensemble de recommandations scientifiques, pour l’identification, la gouvernance et la gestion d’aires marines protégées (AMP) organisées en réseau.
« Le Québec a été un précurseur au Canada, avec la création du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, un modèle de cogestion fédérale/provinciale. Toutefois, depuis sa création en 1998, aucune autre AMP n’a été créée au Québec. Ce rapport propose des mesures concrètes que les gouvernements canadien et québécois devraient considérer pour redonner au Québec son rôle précurseur dans la conservation des océans » affirme Dre. Isabelle Côte, professeure d’écologie à l’université Simon Fraser.
Par cette analyse qui adapte au contexte local les meilleures pratiques mondiales en matière d’AMP, les scientifiques ont souhaité contribuer à l’amélioration d’un réseau national efficace d’AMP et rappellent que pour tirer pleinement profit des AMP par rapport aux objectifs de conservation de la biodiversité et de soutien aux modes de vie des populations côtières telle que l’exploitation durable des ressources halieutiques, certaines exigences devront être satisfaites comme:
identifier et faire accepter des réserves intégrales (no-take zones) couvrant au moins 30 % de chaque biorégion marine identifiée scientifiquement par Pêches et Océans Canada, dont le golfe du Saint-Laurent, et ce afin de protéger adéquatement les habitats jugés essentiels;
interdire, à l’intérieur des aires marines protégées, toute activité industrielle, y compris bien sûr l’exploration et l’extraction de ressources non renouvelables comme par exemple le pétrole et gaz, mais aussi empêcher le dragage, le déversement de polluants et les pratiques de pêche destructives, notamment le chalutage de fond;
considérer que chaque aire marine protégée s’inscrit plus largement dans un réseau d’AMP lequel s’intègre dans un système de gestion efficace et global des océans.
« Nous invitons les gouvernements au Canada à mettre en oeuvre ces lignes directrices dans le cadre de leurs engagements à créer un réseau d’aires marines protégées. Il s’agit d’une étape fondamentale pour atteindre l’objectif de conserver toute la diversité biologique de nos océans et assurer, aux générations futures, une industrie de la pêche durable », explique Sabine Jessen, directrice nationale du programme des océans et des grands lacs d’eau douce de la SNAP.
La SNAP rencontrera des représentants fédéraux et provinciaux en charge des aires marines protégées afin de discuter de la mise en application de ces lignes directrices. « Nous espérons que cette publication contribuera à dynamiser les initiatives en cours au Québec – telles que celles des Îles-de-la-Madeleine, de l’embouchure de la rivière Manicouagan ou de la Gaspésie – et favorisera l’émergence d’une réflexion intégrée sur l’avenir du fleuve et du golfe du Saint-Laurent » souligne Jérôme Spaggiari, coordinateur de la conservation à la SNAP Québec.
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Pour consulter le résumé ou la version intégrale du rapport Lignes directrices scientifiques pour les AMP et les réseaux d’AMP au Canada ainsi que la biographie des scientifiques (en anglais), rendez-vous sur http://cpaws.org/news/mpa-guidelines
Choisie par la Fondation Tides Canada comme l’une des dix meilleurs ONG au Canada en 2007, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) est un organisme à but non lucratif fondé en 1963 par des citoyens qui avaient à coeur la sauvegarde des espaces naturels. La SNAP a pour mission la protection du patrimoine naturel en favorisant la création d’aires protégées ainsi que l'amélioration de la gestion des aires existantes. Nos actions parlent d’elles-mêmes puisque nous avons déjà contribué à la protection de plus de 400 000 km2 du patrimoine naturel du Canada.
Nous sommes un organisme proactif et désireux d’obtenir des résultats sur le terrain. Nous visons à protéger de grandes superficies de territoire qui soient à la fois représentatives des régions naturelles et capables de maintenir des écosystèmes viables. Au Québec, nous travaillons en collaboration avec les autres groupes environnementaux, les groupes régionaux, les Premières Nations, les communautés locales et les différents paliers gouvernementaux à l’élaboration d’un véritable réseau d’aires protégées. La SNAP s’implique activement dans le processus de la Stratégie québécoise sur les aires protégées, dans celui du Plan Nord, et siège au Comité consultatif sur les parcs nationaux.
La SNAP porte un intérêt particulier au milieu marin et supporte activement les initiatives de création d’aires marines protégées. En collaboration avec le projet de conservation marine Tawich (McGill, Wemindji), la SNAP a organisé le tout premier Symposium sur les aires marines protégées du Québec, tenu en juin 2010 à Rimouski. La SNAP est membre fondateur de la Coalition Saint-Laurent.
Information:
Jérôme Spaggiari
Coordinateur de la conservation
Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec
581-307-7627 / jspaggiari@snapqc.org
