L’après Conférence de Paris : des aires protégées à la rescousse du climat

Montréal, le 8 décembre 2015 –Le Québec atteindra-t-il la cible intérimaire de 12% d’aires protégées qu’il s’était fixé pour 2015 ? La SNAP Québec rappelle qu’environ 30 000 kilomètres carrés d'habitat naturel ont déjà franchi les étapes préliminaires menant à un véritable statut de de protection. Ce sont d'ailleurs plusieurs projets qui bénéficient du soutien des régions ou des Premières Nations.

Avec actuellement moins de 10% d’aires protégées au Québec, des progrès peuvent et doivent être faits d’ici la fin de l’année financière si le gouvernement du Québec entend atteindre la cible de 17% d’ici 2020. « Pour l'après Paris, la mise en place de telles mesures de protection du territoire stabilise la contribution de la diversité biologique aux stocks de carbone et représente un geste concret à poser pour l'atténuation des changements climatiques »  déclare Alain Branchaud, biologiste et directeur général de la SNAP Québec.

Mener à terme le travail colossal effectué par les instances régionales
En 2011, suite à l’adoption des Orientations stratégiques sur les aires protégées qui fixaient la cible de 12% d’aires protégées d’ici 2015, le gouvernement du Québec a délégué aux Conférences Régionales des Élus (CRÉ) le mandat d’identifier de nouveaux sites d’intérêts à des fins de protection.


Énormément d'énergie, de temps et d’argent ont été investis par les instances régionales et les participants à ce processus, qui a mené à l’identification de près de 30 000 kilomètres carrés de potentielles aires protégées. Dans le contexte actuel de restrictions budgétaires, jeter à la poubelle tout ce travail de réflexion serait pour le moins inconvenant.


Assurer la représentativité du réseau d’aires protégées québécois
La SNAP Québec rappelle du même souffle que l’engagement pris à Nagoya par les membres de la Convention sur la diversité biologique (CBD) – et que le Québec s’est engagé à respecter–  ne se limite pas à atteindre un pourcentage, en l’occurrence 17% d’aires protégées. La Convention vise également la mise en place de réseaux représentatifs de l’ensemble de la biodiversité.


« Ces critères qualitatifs ne doivent pas être perdus de vue et il ne faut pas se limiter à créer des aires protégées dans le nord du Québec », commente M. Branchaud, en soulignant que moins de 5% du sud du Québec est actuellement protégé.


Une collaboration nécessaire entre les différents ministères
La SNAP Québec appelle de plus à une meilleure collaboration entre le Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, le Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs et le Ministère de l’Environnement (MDDELCC) afin de débloquer la protection de nombreux sites d’intérêts.


En annexe : Quelques projets d’aires protégées sur lesquels la SNAP Québec travaille

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À propos de la SNAP
La SNAP est un organisme à but non lucratif fondé en 1963 par des citoyens qui avaient à cœur la sauvegarde des espaces naturels. Elle compte 13 sections régionales à travers le Canada, dont sa section québécoise qui a vu le jour en 2001. La SNAP Québec a pour mission la protection du patrimoine naturel en favorisant la création d’aires protégées ainsi que la bonne gestion des ressources naturelles. Nos actions parlent d’elles-mêmes puisque nous avons déjà contribué à la protection de plus de 450 000 kilomètres carrés du patrimoine naturel canadien. Pour plus d’information, visitez le www.snapqc.org.

Informations :
Mélissa Vaitilingame
Responsable des communications — SNAP Québec
514 278-7627 # 221
melissav@snapqc.org
     

ANNEXE 1 : Quelques projets d’aires protégées sur lesquels la SNAP Québec travaille

Région Processus régional et territoires identifiés
Bas Saint-Laurent La protection des 7 territoires identifiés par les élus régionaux suite à une vaste consultation publique (Lac de l’Est, de la réserve Duchénier, des rivières Patapédia, Assemetquagan, Causapscal, Cap-Chat (Chics-Chocs) et Cascapédia) ferait passer la région de 4,5% à 7,4% d’aires protégées et permettrait de protéger de rares milieux sauvages au sud du Saint-Laurent.
Côte-Nord Au total, plus de 16,000 km2 de territoires à protéger ont été proposés par les instances régionales de la Côte-Nord. Parmi ceux-ci,  la rivière Magpie, qui figure parmi les 10 meilleures rivières au monde pour la pratique d’activités en eau vive, selon le classement du National Geographic. En protégeant la Magpie, le Québec préserverait un environnement sauvage intact et pourrait mettre à profit l’immense potentiel que présente la rivière en termes d’activités touristiques et de plein air afin de diversifier l’économie de la région.
Saguenay-Lac-Saint-Jean Le secteur des Montagnes Blanches  figure parmi les zones prioritaires pour la protection de l’habitat du caribou forestier, une espèce désignée « vulnérable » au Québec. Il serait propice à l’établissement d’une aire protégée de 10,000km2, un engagement gouvernemental faisant partie des Orientations stratégiques sur les aires protégées annoncées en 2011.
Outaouais Dans la région de l’Outaouais, le Québec a l’occasion unique de protéger les dernières rivières sauvages du sud de la province ainsi que leurs bassins versants. Même si des mesures de protection provisoires visant le bassin de la rivière Dumoine ont été annoncées en 2008, Québec devrait accroître la superficie de l’aire protégée proposée à au moins 2 000 km2 afin de protéger la riche biodiversité de son bassin versant, et de permettre la connectivité écologique entre le parc Algonquin de l’Ontario et la forêt boréale.
Outaouais Dans la région de l’Outaouais, le Québec a l’occasion unique de protéger les dernières rivières sauvages du sud de la province ainsi que leurs bassins versants. Même si des mesures de protection provisoires visant le bassin de la rivière Dumoine ont été annoncées en 2008, Québec devrait accroître la superficie de l’aire protégée proposée à au moins 2 000 km2 afin de protéger la riche biodiversité de son bassin versant, et de permettre la connectivité écologique entre le parc Algonquin de l’Ontario et la forêt boréale.
Nord-du-Québec La complétion du réseau d’aires protégées dans le secteur de la rivière Broadback demeure une priorité, notamment pour le secteur Mishigamish et le pourtour de la Réserve de Parc national Assinica. Ces zones ont été proposées par le Gouvernement de la Nation Crie comme aires protégées potentielles pour le maintien du mode de vie cri et la protection du caribou forestier.