Le gouvernement joue à l’autruche avec le caribou forestier


Montréal, le 24 février 2014 – La SNAP Québec est scandalisée que la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, ait déclaré samedi dernier qu’elle compte lancer de nouvelles études sur le caribou forestier, ce qui aura pour effet de retarder la mise en œuvre du Plan de rétablissement de l’espèce. La déclaration est parue dans Le Quotidien du 22 février.

« Ça va de soi qu’il faut poursuivre l’acquisition de connaissance pour mieux protéger la faune, assure le directeur général de la SNAP Québec, Patrick Nadeau. Mais dans le cas du caribou, les connaissances sont largement suffisantes pour passer à l’action. » En effet, un plan de rétablissement du caribou au Québec a déjà été produit en 2013 par une équipe d’experts sur le sujet. Ce plan est basé sur plus de 300 études indépendantes!

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean en particulier, des experts de l’Équipe de rétablissement du caribou, du Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) et de la Conférence régionale des élus (CRÉ) du Saguenay-Lac-St-Jean ont tous travaillé à l’identification des secteurs importants pour protéger le caribou dans la région. Ces secteurs sont donc connus et leur protection constitue une mesure prioritaire pour le rétablissement du caribou.

Une perversion du principe de précaution
En demandant d'autres études, le gouvernement propose un « principe de précaution » à l'envers: d'une part, on suspend les mesures de protection, le temps d'étudier davantage; alors que d’autre part, les activités industrielles continuent dans des secteurs névralgiques.

« Le jour où ces études seront livrées, il sera tout simplement trop tard pour l'habitat du caribou forestier dans plusieurs secteurs », déclare M. Nadeau. Le gouvernement est bien au fait de cette réalité. Veut-il étudier le caribou à mort? »

La SNAP Québec s'étonne par ailleurs du silence du ministre Blanchet (MDDEFP), pourtant responsable du dossier de la faune.

Certificats FSC en péril
La décision de la ministre pourrait également avoir des conséquences économiques selon la SNAP Québec, et ce via des pertes de certifications du Forest Stewardship Council (FSC). Les certificats des deux plus grandes unités d’aménagement au Lac-St-Jean ont d’ailleurs été suspendus le mois dernier, justement à cause de l’absence d’aires protégées et de mesures de protection efficaces pour le caribou forestier.

« Si nous nous retrouvons devant une forêt où aucune proposition d'aire protégée ne chemine, dans un contexte où le plan de rétablissement du caribou est mis au rencart, nous n'aurons plus d'autre choix que de nous opposer à la certification auprès des auditeurs », avertit M. Nadeau.

Un redressement nécessaire
Dans un débat où de nombreuses affirmations incomplètes ou inexactes viennent brouiller les cartes, il est grand temps de rétablir le dialogue et les faits.

« Nous avons salué la proposition du député Denis Trottier de ramener les divers intervenants au dialogue, ainsi que sa lecture prudente des nombreuses affirmations inexactes sur le caribou, mentionne M. Nadeau. C'est dans cette voie du dialogue qu'il faut aller – et rapidement, car des coupes sont déjà prévues par les plans d’aménagement actuels dans des secteurs critiques pour le caribou. Dans ce dossier, il ne reste plus de place où pelleter par en avant. »

– 30 –

Demandes d’interviews :
Murielle Renard
Responsable des communications – SNAP Québec
514.278.7627 poste 221
mrenard@snapqc.org