Rapport Océans de la SNAP : Le Canada dernier de la classe en matière de protection des océans


Montréal, le 2 juin 2014 - Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) révèle que le Canada présente le plus faible pourcentage d’aires marines protégées parmi les dix pays ayant les plus vastes patrimoines océaniques de la planète.

À l’heure actuelle, le Canada protège à peine un peu plus de 1 % de ses territoires océaniques – il se trouve donc derrière la Chine, qui protège 2 % de ses océans, et loin derrière l’Australie (36 %), les États-Unis (30%) et la France (16%). Sur le plan économique, l’établissement de vastes réseaux d’aires marines protégées est essentiel à la pérennité des activités de pêche ainsi qu’aux collectivités côtières, qui misent sur les activités écotouristiques pour diversifier leur économie.

Le Canada très en retard sur ses objectifs

« Comme le Canada a pris des engagements internationaux afin de protéger 10 % de ses océans d’ici 2020, force est de constater qu’il y a encore beaucoup à faire en peu de temps! » observe Sabine Jessen, directrice nationale du Programme des océans de la SNAP.

Dans ce rapport, Jessen et son équipe se sont intéressés à trois autres juridictions dont le bilan en matière de protection est nettement plus reluisant que celui du Canada, à savoir l’Écosse, l’Australie et la Californie. Ils en ont conclu que pour rattraper son retard, le Canada doit entre autre s’atteler à :

  • mieux planifier les actions afin de mieux les mesurer ;
  • rendre les processus plus ouverts et transparents pour favoriser la participation des intervenants et la prise de décisions ;
  • financer les actions grâce à un fond dédié et permanent ainsi que d’agrémenter les prises de décisions d’analyses socioéconomiques et scientifiques ; etc.

Québec : des objectifs ambitieux... et sur le terrain?

Le Québec est la seule province à s’être fixé un objectif chiffré en matière de conservation marine : 10% d’aires marines protégées d’ici 2015. Cependant à ce jour, nous n’en sommes qu’à 1,3%.

Ce ne sont pourtant pas les occasions qui manquent : le Québec a la chance de posséder une biodiversité marine exceptionnelle à bien des endroits. Le rapport fait notamment état de 4 sites actuellement à l’étude pour devenir des aires marines protégées, mais chaque projet avance tellement lentement qu’on peut craindre qu’aucun ne sera complété avant l’échéance de 2015.

« En Gaspésie, tout le monde s’est mis autour de la table pour travailler sur l’aire marine projetée du Banc des Américains : le gouvernement fédéral, les pêcheurs, les citoyens, les organismes et les spécialistes du milieu marin... tous, sauf le gouvernement du Québec! On ne comprend pas ce manque d’engagement de nos décideurs dans ce dossier. Ce sont pourtant eux qui ont des objectifs à atteindre en matière de conservation! » déplore Patrick Nadeau, directeur de la SNAP Québec.

« Ce qui se passe actuellement à Cacouna est, à l’échelle locale, symptomatique de l’immobilisme en matière de conservation marine au Canada : cela fait 15 ans qu’il y a dans cette zone un projet d’AMP, et aujourd’hui on se retrouve avec un projet de port pétrolier! » ironise Patrick Nadeau.

C’est pourtant le gouvernement fédéral lui-même* qui qualifiait ce secteur de « zone d'alimentation de première importance pour de nombreux mammifères marins ».

* Source : Rapport de la consultation publique sur le projet de zone de protection marine (ZPM) Estuaire du Saint-Laurent – Ministère Pêche & Océans, Mars 2010

>> Pour plus de détails, vous pouvez consulter le rapport Océans de la SNAP dans son intégralité ici

- 30 -

Pour plus d'information et planifier une entrevue :

Murielle Renard
Responsable des communications - SNAP Québec
514-278-7627 #221
mrenard@snapqc.org