Réaction de la SNAP Québec au rapport publié par Rainforest Alliance


Drapeaux rouges en forêt boréale

Montréal, le 13 décembre 2013 - Selon un rapport de vérification publié cette semaine par Rainforest Alliance, plusieurs millions d'hectares de forêt boréale situés dans d’importantes unités d’aménagement au Lac-St-Jean verront leur certification FSC (Forest Stewardship Council) suspendue en Janvier 2014. À notre connaissance, il s'agit du plus gros recul de la sorte au Canada depuis l'existence de la norme. Cela nous amène à amorcer une réflexion sur le fonctionnement de cette certification et ses impacts sur la foresterie au Québec.

Un système performant

La certification FSC permet aux clients d’entreprises forestières d’être assurés que les produits qu’ils achètent sont issus de pratiques forestières durables et respectueuses des communautés autochtones. La suspension de certificats FSC est parfois nécessaire, lorsque les normes ne sont pas rencontrées. Cela constitue un signe de santé du système de certification. Les rapports de vérification annuels, réalisés par un auditeur indépendant, permettent quant à eux d’évaluer si l’entreprise respecte toujours ces normes FSC.

Tout comme nos connaissances scientifiques sur la forêt et ses écosystèmes, la norme FSC est en constante évolution. Une entreprise qui n'évolue pas au même rythme et qui n'adapte pas ses pratiques aux meilleures connaissances disponibles se trouve à risque de perdre son certificat. Une telle situation peut menacer les emplois dans la région concernée.

La suspension d'un certificat FSC est une mauvaise nouvelle pour tout le monde, y compris pour des groupes environnementaux comme la SNAP Québec. En effet, les normes FSC en forêt boréale prévoient des pratiques forestières assurant la viabilité des espèces menacées – comme le caribou forestier –, l’application du principe de précaution, le consentement des nations autochtones et la protection de leurs ressources traditionnelles. Savoir que l’on ne parvient pas à respecter ces normes revient à un constat d’échec en la matière.

Un point tournant

Selon nous, ces événements sont fortuits pour amorcer une réelle remise en question de certaines pratiques en forêt boréale. Car heureusement, des solutions existent pour répondre aux préoccupations comme celles soulevées par les auditeurs – notamment concernant le rétablissement du caribou forestier. Nous disposons aujourd'hui des connaissances et outils qui permettraient de minimiser la perturbation de l'habitat du caribou, par exemple en concentrant les opérations au même endroit et surtout en protégeant les zones d'habitat essentiel encore intactes. 

Les solutions ne manquent pas; il ne reste désormais plus qu’à se retrousser les manches  pour se doter de pratiques forestières dignes du XXIe siècle.