Sortie du Rapport SNAP 2014 sur les parcs


LES PARCS DU CANADA SE PORTENT MOINS BIEN QUE L’AN PASSÉ

Montréal, le 14 juillet 2014 - Dans son sixième examen annuel de l’état des parcs au Canada, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) constate que les menaces qui planent sur les parcs et les aires protégées du pays sont montées en crescendo depuis l’année dernière.

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Intégrité écologique menacée dans plusieurs provinces

« Nous sommes particulièrement inquiets de la tendance des gouvernements à accorder la priorité aux intérêts industriels et commerciaux, sans tenir compte des avantages écologiques, sociaux et économiques qu’apportent nos parcs lorsqu’ils sont bien protégés. De nombreuses instances prennent des décisions en faisant fi de fondements scientifiques et de l’opinion publique », révèle Alison Woodley, gestionnaire nationale du Programme des parcs de la SNAP.

Voici quelques exemples de cette tendance :

En mars, le gouvernement de la Colombie-Britannique a modifié la Park Act sans avoir quasiment averti le public ou tenu des débats. Cette modification vise à plus facilement ajuster les délimitations des parcs pour faire place à l’aménagement de pipelines et à d’autres formes de développement industriel.

Le parc national Jasper, en Alberta se retrouve dans le collimateur, avec le gouvernement fédéral qui examine une proposition d’aménager un hôtel au lac Maligne. Ce projet est contraire à la politique du parc, conçue expressément pour y limiter le développement commercial, et représente une menace supplémentaire pour la harde de 5 caribous, déjà très menacée, qui y habite.

Au Yukon, les Premières Nations et des groupes de conservation, dont la SNAP, étaient devant le tribunal au début du mois pour contester le plan du gouvernement local d’ouvrir 71 % du formidable bassin de la rivière Peel à l’exploitation minière, pétrolière et gazière. Ce plan est aux antipodes de la recommandation de protéger 80 % de ce bassin hydrographique, qu’une commission appuyée par le gouvernement-même avait formulées après six ans d’études.

À Terre-Neuve, au Québec et en Alberta, des plans d’aménagement d’aires protégées ou des propositions d’établissement de parcs demeurent au point mort, alors que les initiatives de développement industriel roulent à toute allure.

« À la lumière du bilan de cette année, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi, au Canada, est-ce si difficile d’établir des parcs ou d’autres formes d’aires protégées? Les Canadiens aiment leurs parcs et nous avons la chance d’avoir une biodiversité unique au monde, dont la protection est bénéfique pour les êtres humains, la nature et l’économie », souligne Alison Woodley.
« Nous exhortons les gouvernements à mieux reconnaître la valeur réelle des parcs dans leurs processus décisionnels. Dans le rapport, nous présentons une foule de mesures que les gouvernements pourraient mettre en œuvre immédiatement en vue de faire avancer la cause de la protection des parcs à l’échelle du pays », ajoute Alison Woodley.

Un rapport publié cette année par le Conseil canadien des parcs révèle que le fait de protéger la nature favorise la santé des personnes ainsi que celle de l’économie. En outre, selon un rapport publié en 2011, les parcs canadiens sont à l’origine de plus de 64 000 emplois à temps plein, et génèrent près de 3 milliards de dollars en revenus de travail, ainsi que 337 millions de dollars en recettes fiscales.

Quelques progrès à encourager

Bien que la SNAP soit dans l’ensemble préoccupée par le contexte qui plane sur les parcs canadiens, elle note cependant quelques progrès accomplis dans certaines régions ces douze derniers mois.

En voici des exemples :

La SNAP a accueilli favorablement le répit dont bénéficiera le parc national du Gros-Morne – un site du patrimoine mondial de l’UNESCO – grâce au rejet l’automne dernier de la proposition de fracturation et de forage pétrolier à proximité de ses limites.

Le Manitoba fait bonne figure, grâce au lancement, en décembre, d’un processus visant à créer un vaste parc qui permettra de protéger l’ours blanc et d’autres espèces sur la côte de la baie d’Hudson.

Dans les Territoires du Nord-Ouest, les efforts soutenus pour l’établissement du parc national Thaidene Nene dans le bras Est du Grand lac des Esclaves portent leurs fruits, comme en témoigne l’entente préliminaire entamée en décembre par Parcs Canada et la Première Nation des Dénés Lutsel K’e.

Au Yukon, le gouvernement a relancé les démarches, en suspens depuis longtemps, pour créer le parc territorial Kusawa, au sud du territoire. À Whitehorse, on œuvre à la mise en œuvre d’un plan de création de cinq parcs sauvages régionaux, ce qui placera la ville au peloton de tête des municipalités au chapitre des parcs et des aires protégées.

Une occasion internationale unique pour mieux faire

« En novembre, le Canada se joindra au reste du monde en Australie à l’occasion du Congrès mondial des parcs de l’Union internationale pour la conservation de la nature, un événement qui se tient une fois aux dix ans. En prévision de ce grand rendez-vous international, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada pourraient saisir l’occasion d’établir de nouveaux parcs et de mieux protéger les existants. Nous avons formulé une foule de recommandations à cet égard dans le rapport », fait valoir Alison Woodley.

Pour télécharger et consulter le rapport dans son intégralité, cliquez ici

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Informations et demandes d’entrevues :

Murielle Renard, mrenard@snapqc.org, 514-278-7627 #221
Patrick Nadeau, pnadeau@snapqc.org, 514-278-7627 #226