Blogue du jour : Un grand défi pour un petit Bleuet!

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Billet de blogue de Pier-Olivier Boudreault, Chargé de projets en conservation et foresterie à la SNAP Québec

 

À mon arrivée à la SNAP en novembre dernier, j’ai été heureux de recevoir la responsabilité du dossier sur les aires protégées qui concernait ma région natale : le Saguenay-Lac-St-Jean. Quel beau hasard de travailler à la protection des richesses naturelles de l’endroit où j’ai grandi!

Le Saguenay-Lac-St-Jean est une vaste région, dont le nord est peu connu et constitue un magnifique échantillon de forêt boréale, de grands lacs et de longues rivières sauvages. Pour ajouter au portrait, c’est aussi dans ces terres éloignées que vivent les dernières hardes de caribous forestiers de la région – une espèce menacée à l’échelle du Canada.

Un dossier… enflammé!

J’étais loin de me douter que le dossier de la protection du caribou et des aires protégées dans cette région allait prendre l’ampleur qu’il a prise dans les derniers temps. La semaine dernière, par exemple, le maire de Saint-Félicien – la ville où j’ai grandi – a réclamé un moratoire de dix ans pour freiner la création d’aires protégées. Sous prétexte de « possibles » pertes d’emploi.

Je ne cacherai pas ma déception de constater un tel recul en matière de conservation. Si je me permets ce commentaire, c’est que malgré le discours des chambres de commerce et de certains élus, je sais que plusieurs ont à cœur la protection du patrimoine naturel de notre grande région – et du caribou, cette espèce emblématique de nos forêts nordiques.

Ce n’est pas tout le monde qui souhaite reléguer les caribous au nord de la forêt commerciale. Même chez certaines entreprises forestières et chez certains élus, il y a une volonté d’aller de l’avant avec la création d’aires protégées, pourvu que l’on minimise les impacts sur l’emploi.

La bonne nouvelle, c’est que c’est possible – et souhaitable.

Il faut cesser de terroriser les travailleurs avec la « perte de 1000 emplois », une conséquence purement spéculative et basée sur des méthodes de calcul que les ministères n’utilisent même plus.

Il faut sortir de la mentalité de la « possibilité forestière », qui veut que la seule manière d’exploiter notre forêt soit de couper le plus d’arbres possible.

Va-t-on laisser tomber tous les grands défis de conservation du 21e siècle sous prétexte qu’on veut continuer à faire de la foresterie du siècle dernier? Ce serait là un manque flagrant d’imagination. Je suis convaincu qu’on peut faire mieux.