D’un océan à l’autre : la péninsule gaspésienne

  • Date de publication: 02 28 2012 |
  • Cet article est classifié sous: gaspesie
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Ce billet est le premier de notre série D’un océan à l’autre que rédigera Jérôme Spaggiari, coordonnateur en conservation à la SNAP Québec. Nous vous présenterons plusieurs sites marins exceptionnels que nous souhaitons voir protéger d’ici la fin de l’année. Aujourd’hui, nous vous emmenons au large de la Gaspésie !

Pourquoi ce site est-il si important ?
L’extrémité est de la péninsule gaspésienne représente un territoire exceptionnel caractérisé par une grande diversité de milieux naturels qui constituent les habitats de nombreuses espèces sauvages de grande valeur patrimoniale, dont divers cétacés (rorqual bleu, baleine noire, etc.) et le phoque commun, mais aussi la tortue luth ainsi que plusieurs centaines de milliers d’oiseaux marins (consulter à ce sujet la synthèse du Parc national de l’île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé). Ce site est également situé en plein milieu d’un corridor écologique utilisé par les saumons atlantiques lors de leur migration.

La présence de ces espèces emblématiques, et de plusieurs autres, résulte d’un système hydrodynamique bien particulier composé notamment du courant de Gaspé – qui s’écoule vers l’est en longeant la rive sud du fleuve – et du haut-fond du banc des Américains. La rencontre à cet endroit de masses d’eau aux caractéristiques contrastantes est favorable à une production importante de phytoplancton. Ces algues constituent la base de toute une chaîne alimentaire riche et variée qui contribue depuis fort longtemps au développement des communautés humaines de la région.

Associée à des paysages somptueux, cette biodiversité unique attire chaque année de très nombreux sportifs (randonneurs, cyclistes, kayakistes, plongeurs…) et amoureux de la nature. D’ailleurs le National Geographic Magazine élit régulièrement cette région comme une des meilleures destinations mondiales pour pratiquer du tourisme de plein air.

Quelles sont les menaces qui pèsent sur ce site ?
Ce territoire est soumis à des pressions d’origine humaine croissantes. L’étalement urbain, combiné à une gestion des eaux usées domestiques et industrielles inefficace, contribue à une pollution chimique et bactériologique préoccupante. L’accroissement de la circulation maritime augmente la probabilité d’un accident et nuit sérieusement à la tranquillité des mammifères marins déjà perturbés par un tourisme d’observation en pleine expansion et mal encadré. Enfin, plusieurs projets industriels importants dans les domaines aquacole et énergétique (exploitation pétrolière extracôtière) sont envisagés et risquent, faute d’une planification globale et concertée, d’avoir des impacts significatifs sur les écosystèmes.

Protection du site : où en sommes-nous ?
La SNAP Québec, conjointement avec le Réseau d’observation des mammifères marins et plusieurs acteurs économiques locaux, avait demandé aux ministères concernés d’étudier la possibilité de créer une aire marine protégée au large de la péninsule gaspésienne. Peu de temps après, le gouvernement fédéral annonçait lors de la Journée mondiale des Océans de 2011 que 1000 km2 de territoire marin centré sur le haut-fond du banc des Américains devenait un site d’intérêt pour Pêches et Océans Canada.

Cette annonce est une première étape vers la création d’une aire marine protégée. Le processus impliquera, bien sûr, des consultations avec les représentants des Premières Nations ainsi que ceux des autres communautés locales afin de déterminer précisément à quoi ressemblera cette future aire marine protégée.

La SNAP Québec poursuivra, en partie grâce au Programme de contributions à la communauté de MEC, ses efforts de promotion des aires marines protégées et de partage de son expertise auprès des organisations locales.

Comment pouvez-vous contribuer à sa protection ?
Malgré quelques progrès récents, le Canada comme le Québec protègent toujours moins de 1 % de notre territoire marin et celui-ci continue de se dégrader. Il est donc important d’agir vite. C’est pour cette raison que la SNAP a lancé une campagne pour inciter le gouvernement à créer 12 nouvelles aires marines protégées d’ici la fin de l’année 2012. Pour découvrir ces douze zones marines, visitez le site de notre campagne D’un océan à l’autre ou consultez l’infographique réalisé par le Globe and Mail (en anglais seulement).

La péninsule gaspésienne est l’un de ces douze sites. En appuyant notre campagne, vous démontrerez votre intérêt pour la protection de ce site exceptionnel et vous contribuerez à sa protection. Mountain Equipment Co-op s’associe à cette campagne et offrira des prix en tirage aux signataires, alors n’hésitez plus, signez notre pétition !

Vous pouvez aussi devenir nos amis sur Facebook et suivre notre actualité, y compris celle de ce territoire marin unique au monde.

Billet rédigé par Jérôme Spaggiari
Coordonnateur en conservation à la SNAP Québec