Le caribou toundrique vu du Mushuau-nipi — 2/2

  • Date de publication: 08 23 2012 |
  • Cet article est classifié sous: caribou
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Vers la définition de solutions partagées

*Ce billet est la suite d’un autre texte publié ici.

Les causes de l’effondrement des effectifs du troupeau de caribou de la rivière George, au-delà de leur composante cyclique (voir précédent billet), sont certainement nombreuses et leur compréhension fine mériterait davantage de recherches. Mais le principe de précaution et l’enjeu de la disparition possible de cette espèce doivent nous pousser à l’action rapidement et efficacement. En attendant les actes du séminaire nordique autochtone, j’ai le plaisir de partager avec vous les éléments de solutions que notre groupe a identifié.

Le territoire de ce troupeau est partagé par trois nations autochtones — les Innus, les Naskapis et les Inuits, deux provinces — Québec et Terre-Neuve-et-Labrador. D’autres acteurs, comme les Cris ou le Canada, méritent également d’être mentionnés selon les circonstances. Il est donc impératif que la gestion de cette espèce et de son habitat soit envisagée dans une perspective de collaboration nécessaire et respectueuse entre les différents gouvernements, autochtones et allochtones.

Une recherche pluridisciplinaire doit se poursuivre pour mieux comprendre la dynamique de population de cette espèce et l’importance de son interaction avec les populations humaines, avec qui elle partage son territoire. Cette recherche pourrait notamment nous aider à définir la contribution des perturbations de l’habitat du caribou (activités de prospection et d’exploitation minière, transport d’énergie ou de personnes et de biens, modification des cours d’eau…) à son déclin ou encore à identifier le niveau des prélèvements acceptables. Si la légitimité des prélèvements autochtones a été réaffirmée, il a été souligné l’importance qu’un code de pratique des activités de chasse soit redéfini (type et nombre d’animaux, type de chasses : individuelle, communautaires, initiatique…).

Compte tenu de l’écologie de cette espèce (vaste distribution, large dispersion, sensibilité au dérangement…) elle a été jugée comme un excellent support de la planification d’un éventuel développement du Nord du Québec (connectivité du paysage, zone de conservation vs zone de développement…). Il nous a également semblé nécessaire de stopper tout développement industriel dans la maison du caribou avant d’avoir protégé de manière satisfaisante un habitat suffisant pour cette espèce.


*Ci-dessus :  le shaputuan et quelques tipis brillent sous les lumières vertes des aurores boréales. Crédit photographique : Jérôme Spaggiari.

Nous savons que notre réflexion devra être complétée par des actions et la SNAP Québec fera sa part, mais nos efforts ont déjà été largement récompensés. Le premier soir, nous avons eu la chance d’observer de belles aurores boréales puis les ainées, Élisabeth Ashini, Évelyne Saint-Onge et Marie-Line Ambroise, nous ont organisé un mémorable makusam.

D’autres photos du séminaire nordique autochtone sont visibles sur notre page Facebook.

Jérôme Spaggiari
Coordonnateur en conservation

*J’ajoute mes remerciement personnels à ceux de la SNAP Québec à Mountain-Equipment Co-op qui a généreusement contribué à rendre possible ma participation à ce séminaire.