Projet Énergie Est - Blogue de Patrick Nadeau et Roberta Clowater

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Protégeons la faune marine avant qu’Énergie Est ne décide de l’emplacement de son port pétrolier

Ce billet a été écrit par Patrick Nadeau (directeur général de la SNAP, section Québec) en collaboration avec Roberta Clowater (directrice générale de la SNAP, section Nouveau-Brunswick)

À la suite d’un important tollé et de plusieurs procédures légales, La Presse annonce que TransCanada laisse tomber son projet de port pétrolier à Cacouna, au Québec. En effet, TransCanada voulait implanter son port pétrolier dans une zone de l’estuaire du Saint-Laurent considérée comme la pouponnière des bélugas, une espèce menacée.

Bien sûr, nous devrions applaudir cette nouvelle. L’année dernière, la SNAP s’est jointe à d’autres groupes voués à la conservation pour traduire TransCanada devant les tribunaux, dans le but d’arrêter le projet de port pétrolier. Nous avons agi ainsi car l’estuaire du Saint-Laurent fait l'objet d’un projet d’aire marine protégée (AMP) depuis longtemps. Maintenant que ce projet de port pétrolier insensé a été abandonné, la prochaine étape consiste à convaincre les gouvernements du Canada et du Québec d’établir rapidement cette AMP que l’on attend depuis tant d'années. Nous ne pouvons tolérer que d’autres projets industriels mettent en péril ce si précieux environnement marin.

Malheureusement, nos préoccupations ne s’arrêtent pas là. En effet, il semblerait que tout le pétrole de l’oléoduc Énergie Est serait transporté de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, vers la baie de Fundy. Tout comme l’estuaire du Saint-Laurent, la baie de Fundy est l’habitat de nombreux animaux sauvages, dont la baleine noire. De plus, ses terres humides côtières abritent des millions d’oiseaux marins migrateurs chaque année. Enfin, l’industrie de la pêche engendre des millions de dollars tout en fournissant des milliers d’emplois locaux.

Malgré toutes ces caractéristiques, la baie de Fundy n’a pas de réseau d’AMP. En effet, il n’y a qu’une petite AMP près de l’estuaire de Musquash. Nous sommes donc très inquiets par cet éventuel transport de pétrole à partir de Saint Jean, qui accroisserait l’industrialisation de la baie de Fundy avant même que des mesures de conservation, incluant un réseau d’aires marines protégées, ne soient mises en place.

Selon un récent rapport de la SNAP, le Canada arrive au dernier rang quant à la protection des zones marines parmi les dix pays entourés des océans les plus grands. Même la Chine réussit à faire mieux que le Canada en protégeant 2 % de ses océans comparativement à un peu plus de 1 % pour le Canada. De plus, nous arrivons loin derrière l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni qui protègent respectivement 36 %, 30 % et 17 % de leurs océans. Étant donné que le Canada a pris l’engagement international de protéger 10 % de ses océans d’ici 2020, nous avons beaucoup de travail à faire en très peu de temps. La protection des zones de l’estuaire du Saint-Laurent et de la baie de Fundy fait définitivement partie de la solution.